Analyse d’ammoniac : plus de choix en photoacoustique

Le 22/05/2012 Ă  11:11

Le distributeur français Néréides a étoffé son offre de technologie d’analyse avec celle développée par le hollandais LSE Monitors. Ces systèmes pour la mesure d’ammoniac et du protoxyde d’azote reposent sur un laser à cascade quantique et une technologie photoacoustique.

 

Le français NĂ©rĂ©ides, spĂ©cialisĂ© dans les solutions de mesure et d’analyse notamment pour les Ă©missions industrielles, la qualitĂ© de l’air et de l’eau, a signĂ© un accord de distribution pour la France avec le batave LSE Monitors, accord portant sur la commercialisation d’analyseurs basĂ©s sur une technologie photoacoustique. « Nous proposons depuis une quinzaine d’annĂ©es les chromatographes en phase gazeuse du hollandais Synspec, pour l’analyse des COV [composĂ©s organiques volatils, NDLR] en air ambiant et en atelier de travail, rappelle Damien QuĂ©nel, ingĂ©nieur commercial chez NĂ©rĂ©ides. Pour la mesure d’autres polluants, qui ne peuvent pas ĂŞtre mesurĂ©s par chromatographie, Synspec s’est associĂ© avec son compatriote Sensor Sense* pour crĂ©er LSE Monitors en 2007 et dĂ©velopper ces analyseurs pour l’ammoniac NH3 et le protoxyde d’azote N2O. » Il existe une seconde sociĂ©tĂ©, la française Aerovia (voir Mesures n° 833), qui utilise un principe photoacoustique pour l’analyse des traces de gaz.
Les molécules excitées créent une surpression
L’offre de LSE Monitors se compose d’un modèle pour la mesure de l’ammoniac (NH3-1700), qui existe en deux versions (applications en air ambiant et à l’émission), et d’un modèle pour la mesure de protoxyde d’azote (N2O-4405). La technologie commune au cœur de ces analyseurs est la suivante. Un faisceau laser infrarouge de longueur d’onde de 10 µm est généré par un laser à cascade quantique qui est constitué d’un empilement de couches minces d’un semi-conducteur. La longueur d’onde de la lumière émise (émission issue par effet tunnel) dépend de l’épaisseur et de la composition de chaque couche mince. Le faisceau laser est envoyé, à travers une fenêtre en séléniure de zinc (ZnSe), dans une cellule de mesure d’une longueur de 10 cm, thermostatée à +35 °C et alimentée en continu avec un échantillon du gaz à analyser, à un débit de 40 ml/min.
En présence d’ammoniac, ou de protoxyde d’azote, dans le gaz, les molécules passent dans un état vibrationnel excité, via l’absorption de l’énergie du faisceau laser, ce qui accroît les collisions avec les autres molécules présentes dans le gaz et crée de la chaleur. L’augmentation de la température s’accompagne alors d’une légère surpression à l’intérieur de la cellule de mesure. L’intensité du faisceau étant modulée à une fréquence acoustique (1 600 Hz), la modulation résultante de la pression peut être mesurée par trois microphones. On en déduit la concentration d’ammoniac (ou de protoxyde d’azote) dans le gaz, car l’amplitude de modulation est proportionnelle à la concentration.
Une maintenance réduite au maximum
En ce qui concerne les caractĂ©ristiques techniques, citons une Ă©tendue de mesure comprise entre 0 et 8 ppm (NH3-1700) ou 0 et 10 ppm (N2O-4405) – l’étendue peut ĂŞtre portĂ©e Ă  80 ou 200 ppm – , une limite de dĂ©tection basse respective de 1 ppb et 5 ppb, une prĂ©cision respective de 2 et 5 ppb, une rĂ©solution temporelle respective de 120 s ou de 90 s, rĂ©solution qui peut descendre Ă  3 s avec les versions NH3-1710 et N2O-4410. Le temps d’analyse est infĂ©rieur Ă  10 ou 5 min (NH3-1700), voire Ă  2 min (N2O-4405). En plus d’un logiciel intĂ©grĂ© fonctionnant sous Windows, l’utilisateur peut compter sur des entrĂ©es et sorties analogiques et des entrĂ©es et sorties numĂ©riques, ainsi que des interfaces Ethernet, RS-232 et USB.
Parmi les avantages avancés par le constructeur, les analyseurs sont robustes (absence de filtre à poussières dans un environnement propre, par exemple) et relativement économiques. Ils ne requièrent d’ailleurs pratiquement aucune maintenance grâce à l’absence de consommables et de gaz d’étalonnage. LSE Monitors conseille un étalonnage au maximum tous les six mois et a même développé des options dans le logiciel pour aider à simplifier encore la procédure d’étalonnage. « En plus de tous ces atouts, les analyseurs de LSE Monitors nous ont semblé être une alternative intéressante et facile d’utilisation (transportable) aux méthodes traditionnelles (la chimiluminescence pour ammoniac n’est pas satisfaisante, les équipements mettant en œuvre une cavité optique sont très chers) », conclut Damien Quénel.
Cédric Lardière

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